Ce qu’il y a de bien, à la Japan Expo, c’est qu’on peut perdre le contrôle de ses nerfs et donc prendre sa véritable apparence sans que cela ne choque personne. Je m’explique :

Le jeudi 30 juin, j’ai vu deux gars qui s’étaient cosplayés… En nazis (ils avaient pris soin de mettre sur leur brassard un pique à la place de la croix gammée, mais quand même) ! Comme vous pouvez l’imaginer, j’ai eu deux envies de meurtre… Camille et Frédérique m’ont entraînée dans une allée où je n’avais plus en vue les deux individus, et c’est passé. Mais la nuit…

Nous étions à la Japan Expo (logique) et nous nous baladions dans les allées (jusqu’ici, rien de bien particulier). Je vois les deux types cosplayés en nazis, et c’est l’enchaînement : perte du contrôle de mes nerfs, colère soudaine, envie de meurtre, et… Ce qui devait arriver arriva : j’ai pris ma véritable apparence au beau milieu de la Japan Expo !

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Sauf que personne n’a été choqué. Réactions des gens : « wouah, elle s’est vraiment bien cosplayée… Mais elle représente quel personnage, en fait ? » J’émets un grognement signifiant : « c’est ma véritable apparence, eh, pingouin ! ». Autres réactions : « dis-donc, et le son, c’est vachement bien rendu, comme elle fait ça ? Un haut-parleur, peut-être… Elle a dû passer drôlement de temps à faire son costume ! Tu imagines, si elle est venue en métro ? Ne dis pas n’importe quoi, avec sa tenue elle n’a pas pu venir en métro. » Nouveau grognement.

« Euh… Qu’est-ce qu’elle dit, là ? demande Camille.

Je n’en sais rien, répond Frédérique, je n’ai pas fait option grognement. Cela dit, vue l’heure qu’il est, ça doit vouloir dire « j’ai faim ». »

C’est exactement cela, je meurs de faim ! Je regarde aux alentours. Ceux qui ont provoqué ma colère sont là, fascinés comme tant d’autres, à me regarder pour essayer de comprendre mon costume. Je glisse vers eux. Deux de mes huit bras (« Huit Bras » est la signification de nom « Oktokhéri ») les saisissent. Je les regarde d’un air intrigué : « c’est quoi, ça ? Ça se mange ? » Ils sont effrayés : l’un glisse à l’autre : « je t’avais dit que c’était une mauvaise idée de s’habiller comme ça ! » Je les secoue, hume la viande… Bof, non, pas terrible… Je les lâche sans plus me préoccuper d’eux, et tourne la tête d’un côté et de l’autre pour voir s’il n’y a rien à manger. Les deux individus tombent assez durement au sol. « Je confirme, dit l’un, c’était une très mauvaise idée… L’année prochaine je m’habillerai en héroïne de Shôjô… Et moi en maid ! répond l’autre. » Pendant ce temps, Camille et Frédérique ont agi vite : elles sont allée acheter des mochi. Pour attirer mon attention, elles viennent avec précaution et très furtivement tapoter ma jambe (enfin, ce qui me sert à glisser, disons), et quand je regarde en bas, je les vois me tendre un coffret de mochi. D’autres personnes, japonaises, françaises et autres, m’en propose aussi, dans plein de langues différentes. Je me penche, prends délicatement un mochi au thé vert, le savoure les yeux fermés… Toute ma colère disparaît… Et je me réveille : j’ai faim !