Aujourd’hui c’est l’anniversaire de mon grand frère (il a eu du nez, il a senti la bonne odeur de crêpes !). Comme vous le savez si vous me connaissez personnellement, ou si bien que ne me connaissant pas personnellement vous avez lu mon billet du 11 février 2007 à 13:33, je n’ai découvert son existence qu’à l’âge de 12 ans, 1 mois et 1 jour (+ quelques heures). J’avais envie de le voir en vrai, pas uniquement en photo. J’avais envie de lui parler « face à face »... Voici le plan de l’expédition que j’avais fomentée en février 1995 pour y aller en douce…

 

PLAN LINKA-SOPHIÉVA :

Etape 1 : repérage.

Repérer les trains en partant de Reims pour le sud (Marseille, ou à défaut Perpignan même s’il faudrait certainement prendre un second train et que cela compliquerait les choses). Ce repérage pourrait se faire un mercredi après-midi ; prétexter une répétition de théâtre, prendre le bus pour aller en centre ville et demander son chemin pour aller jusqu’à la gare et se renseigner là-bas.

Etape 2 : préparation du matériel à prendre.

Subtiliser la carte bleue de mon père et celle de ma mère, et retirer sur le compte de chacun 100 francs (je rappelle que cela se passait en 1995) au distributeur qui se trouve entre le collège et chez ma grand-mère. Remettre les cartes empruntées en place discrètement.

Préparer dans un sac de sport genre sac à dos un minimum d’affaires utiles : des brassières, plusieurs slips, plusieurs paires de chaussettes hautes à replier, une bouteille d’eau, des gâteaux secs, des lingettes nettoyantes, du déodorant.

Prévoir des vêtements confortables : caleçon, tee-shirt, pull, chaussures souples (« choba », c’est-à-dire chaussures-baskets), chaussettes hautes à replier (la mode de l’époque !).

mode

Prendre le manteau bleu doublé à fleurs. Prendre un bonnet ou un chapeau pour cacher mes cheveux très longs et faire croire que j’ai les cheveux courts si jamais il y a des avis de recherche. Prendre les lunettes à verres blancs de déguisement pour renforcer le camouflage.

Dans une poche du manteau, mettre le couteau suisse. L’argent sera caché au fond de mes chaussures.

Prendre des pièces pour téléphoner.

Etape 3 : préparation du plan de route.

Un autre mercredi après-midi, prétexter une nouvelles répétition de théâtre et aller en bus en centre-ville. Se rendre à la gare.

Selon le tarif d’un aller simple sans correspondance Reims-Marseille : si ce n’est pas cher, acheter un billet (au guichet, montrer quelqu’un aux cheveux châtain foncé en faisant croire que c’est une personne de ma famille et dire que cette personne m’a laissé prendre mon billet toute seule) ; si c’est cher, monter dans le train et se cacher dans les toilettes. Mettre le chapeau, les lunettes et le blousons sur l’envers (le blouson sera mis alternativement à l’endroit et à l’envers pour brouiller les pistes).

Arrivée à Marseille, trouver une cabine et téléphoner pour dire que je vais bien. Ne pas parler longtemps en cas de tentative de repérage par la police.

Prendre le bus pour aller sur le port. Repérer un bateau en partance pour Ajaccio.

Selon le tarif et s’il y a encore de la place, acheter une place. Sinon, repérer une famille ou un groupe scolaire et se fondre dans le tas.

Arrivée à Ajaccio, trouver le lieu de travail de mon frère. Discours pour demander mon chemin préparé à l’avance : « bonjour ; mon frère m’a dit de le retrouver sur son lieu de travail, c’est à ……… [nom de l’entreprise], mais je crois que je me suis perdue… ».

Arrivée dans les locaux de ………, me présenter et demander après mon frère. S’il est là, mission accomplie. S’il n’est pas là, demander qu’on lui téléphone.

 

Je vous rappelle que j’avais 12 ans et demi quand j’ai construit ce plan. Il avait de la gueule, non ? Il devait être mis en application fin mars début avril 1995. Bon, finalement, la naissance de ma nièce début mars de cette même année et la décision prise par mes parents d’aller là-bas en octobre de la même année ont fait qu’il ne fut jamais mis en application. En y repensant, heureusement car qui sait si je n’aurais pas fait de mauvaise rencontre ? Comme je l’affirmais à l’époque : « pas de problème, j’ai mon couteau suisse ! »…