Ce week-end, j’ai profité des Journées du Patrimoine pour découvrir ma nouvelle ville (une partie seulement, il y en a tant à voir !). Or, dans une des églises, il y avait des représentations de Moïse affublé de cornes. Etait-il cocu ? Personne ne pourrait l’affirmer avec certitude (on n’y était pas) mais il ne semble pas. Etait-ce un dragon humanidé cornu ? Non plus, d’après ce qu’on en sait, c’était un humain. Bah alors comment se fait-il ? Tout vient d’un contresens qui remonte à la traduction de la Bible en latin par Jéjé (Saint-Jérôme, mais comme j’ai passé ma deuxième année de master à travailler dessus, il s’est vu attribuer un surnom, tout comme en 1998 Robespierre fut surnommé Roby). En hébreu, seules les consonnes sont écrites, et on se débrouille pour les voyelles (sauf avec l’écriture massorétique, qui ajoute sous les lettres ou a côté des points et des traits pour suppléer les voyelles). Or, pour un mot, il s’est trompé de voyelles (je revois et réentends encore la prof, Aline C., nous relater ça !^^), et ainsi le mot « cornu » a pris la place du mot « radieux ». Et ce contresens a eu de lourdes conséquences, non seulement dans les représentations de Moïse, mais aussi pour les Juifs (c’est d’ailleurs fou le nombre de sottises qui peuvent être dites, et surtout crues !). Et tout cela à cause d’une erreur de traduction… Alors, message à tous les traducteurs, étudiants, professionnels et amateurs : ne dites pas « oh, ce n’est pas grave ! » si vous avez fait un contresens. Vous ne connaissez pas toutes les conséquences qu’aurait ce contresens !