Les chiffres sont là : 3 millions de chômeurs n’ayant pas du tout travaillé dans le mois, 4,5 millions si on compte ceux qui ont exercé une activité réduite ; et dans le même temps des milliers d’offres d’emploi non pourvues.

On a entendu de nombreuses raisons à ce décalage, certes toutes vraies, mais l’une d’elle a été oubliée : l’étroitesse d’esprit de certains recruteurs. J’ai pu le vérifier moi-même, lors d’un forum Emploi en octobre 2010. Il y avait plusieurs entreprises présentes ; je me présente à l’une d’elle, qui cherchait des assistants RH. Comme nous sommes nombreux, nous sommes plusieurs à passer un même temps. Celle qui passe en même temps que moi sort de la Reims Management School, spécialisée dans le marketing. Le recruteur prend son CV et s’exclame, se pâme presque : elle doit savoir se débrouiller tout de suite à un haut poste, lui dit-il, elle a vraiment un super profil ! La fille esquisse un sourire un peu gêné. Ensuite, il passe à mon CV et fronce les sourcils : il faudrait, me dit-il, accepter de commencer en bas de l’échelle. Je lui demande pourquoi (je suis quand même spécialisée en RH !). Il me répond que les gens ne miseront pas sur un profil comme le mien. Là encore, je lui demande pourquoi. Il me dit alors qu’il est préférable d’avoir suivi certains cursus, que la confiance des employeurs se tourne avant tout vers des gens sortant des écoles de commerces, même pour les RH. Je rétorque en souriant que c’est dommage et même plutôt étroit d’esprit. Il ne répond rien. Je reprends : « en gros, si on ne rentre pas dans les cases, on n’a aucune chance. Un blanc s’installe, puis il prend le prétexte du temps qui presse pour esquiver la remarque.

Et ce n’est pas un cas isolé. Alors j’aurais aimé qu’on entende aussi cette raison, qui n’a malheureusement pas été évoquée (trop politiquement incorrecte ?).