Il y a une idée qui tend à se répandre en ce moment, qui voudrait que ce qui ne « sert » pas soit tenu pour négligeable, voire méprisable. Il faudrait, selon cette idée, ne faire que des choses qui servent directement les besoins immédiats, ses besoins propres et ceux de la société.

Attardons nous un peu sur les mots : « servir » descend tout droit du mot latin « servus » (aussi orthographié « seruus »), qui signifie « esclave ». Il existe un autre mot, venu du tchèque, qui désigne aussi le travail forcé, le travail de l’esclave, l’esclave aussi : robot. Reprenons l’idée développée ci-dessus : ne faire que ce qui sert ne reviendrait-il pas à transformer les humains en robots ?

Observons maintenant ce qui est déclaré « inutile » : les arts et les rêves, par exemple. Non, effectivement, ça ne survient pas aux besoins immédiats, mais c’est ce qui aide à vivre en tant qu’être humain. Sans les rêves, sans la pensée, sans les arts, sans les études, nous ne comprendrions pas, nous n’avancerions pas, nous ne réfléchirions pas, nous n’imaginerions pas : bref, nous serions biologiquement vivants, mais réduits à l’état de machines exécutantes.

Je sais que vous allez me dire que j’ai déjà traité ce thème : je vous répondrai que je fais ce que je veux, et que ce sujet est tellement important qu’une fois de plus ne fait pas de mal. Donc, rêvez, pensez, étudiez, imaginez : vivez pleinement !