Voici un conte Ouvaga qui pourrait illustrer divers proverbes tels que « Qui sème le vent récolte la tempête » ou « qui s’y frotte s’y pique » ou encore « il ne faut pas jouer avec le feu ».

 

Un petit point préalable pour mieux comprendre ce conte :

·         Vaalintchiouk fait partie des Sept Premiers, à la fois humains et ours, enfants de la Lune et du Soleil,

 

·         Limézinaï est une des trois lumières, avec Zlaa et Doliň

 

·         on dit que le feu mange et non qu’il brûle.

 

Bonne lecture !

 

 

 

Vaalintchiouk (l’Ours de la Terre) et Limézinaï (la Lumière mystérieuse) eurent deux filles : Limkaïa et Linlyrka, qu’on appelait aussi Petites Flammes ou Esprits du Feu.

 

 

Un jour, un chef sanguinaire entendit parler des deux petites flammes. Il décida de les capturer, afin de les lancer sur ses ennemis : les flammes brûleraient tout, et lui assureraient la victoire.

 

 

Alors que Limkaïa et Linlyrka dormaient, il les enferma chacune dans une boule de verre et les mena dans son campement. Les esprits du feu s’éveillèrent prisonnières. Limkaïa s’évanouit, et Linlyrka tenta par tous les moyens de briser sa prison, sous les rires amusés du chef et de ses soldats.

 

« Je te libérerai plus tard, dit le chef, et tu mangeras mes ennemis.

 

Tu nous libères maintenant, ma sœur et moi, ou tes projets se retourneront contre toi, répliqua Linlyrka. »

 

Pour toute réponse, le chef mit les deux boules de verre contenant les flammes dans un sac, et les y laissa toute la nuit.

 

Le matin, il les sortit du sac, et constata que Limkaïa ne bougeait plus. Il remua la boule, et la petite flamme roula d’un côté et de l’autre, inerte.

 

« Tu m’obéiras, dit-il à Linlyrka, ou tu finiras comme elle. »

 

Linlyrka, pour toute réponse, posa ses yeux sur Limkaïa, puis sur le chef, jeta à ce dernier un regard sombre, et bouda.

 

Le chef donna l’ordre de s’approcher de ses ennemis et de les attaquer à la tombée de la nuit. Selon ses plans, Linlyrka les mangerait et la victoire lui serait acquise. Il ne donna aucune nourriture à la petite flamme, espérant qu’ainsi elle serait plus vorace le moment venu.

 

« Je mangerai uniquement si tu relâches le corps de ma sœur », dit alors Linlyrka.

 

Le chef sanguinaire accepta : Limkaïa ne lui serait plus d’aucune utilité, et ne pouvait non plus représenter un danger…

 

Le soir venu, le chef ouvrit la boule dans laquelle Linlyrka était enfermée. La petite flamme observa lentement les alentours.

 

« Qu’attends-tu ? rugit le chef. Mange ! »

 

Mais Linlyrka ne bougea pas, les yeux fixés sur l’horizon.

 

Le chef et ses soldats tournèrent la tête vers ce que regardait la petite flamme : une faible lueur, au loin, semblait s’approcher.

 

« Attaque ! Immédiatement ! » tonna le chef.

 

Alors, Linlyrka esquissa un sourire, et, tout à coup, se jeta sur le chef et le dévora. Les soldats tentèrent de s’enfuir, mais un vaste cercle de flammes immenses les en empêcha. Le sol s’ouvrit sous leurs pieds et les engloutit.

 

C’est que Limkaïa, une fois libérée, s’était redressée et avait prévenu Limézinaï et Vaalintchiouk, qui étaient accourus au secours de Linlyrka. Les deux petites flammes, pendant la nuit où elles étaient restées enfermées dans le sac, avaient mis ce plan au point, communiquant par gestes. C’est ainsis que Linlyrka et Limkaïa tirèrent vengeance de ceux qui les avaient capturées, tout en protégeant les habitants du paisible village qui avait failli être attaqué. Ces derniers racontèrent à leurs enfants qu’une nuit, de gigantesques flammes avaient surgi et le sol s’était effondré non loin de là. Chacun y alla de son explication : magie, sorcellerie, mystère… Dans tous les cas, Limézinaï fut mise en cause, car chaque fois qu’on ne peut expliquer un phénomène, on dit qu’il a dû être provoqué par Limézinaï...

 

 

 

Copie_de_livalinlim1

Limézinaï, Vaalintchiouk,

Linlyrka & Limkaïa.