La petite sirène n’a pu se résoudre à poignarder le prince avant l’aurore et donc à sauver sa vie ; elle s’est précipitée du bateau et, devenue une fille de l’air, s’est envolée pour les pays chauds pour y souffler la fraîcheur avec les autres filles de l’air. Andersen finit ici le conte ; toutefois, dans le monde des abysses, on raconte la suite, que voici.

 

Pendant ce temps, le bateau transportant le prince et sa femme voguait sur une mer limpide. Plus ils allaient vers le large, plus les vagues gonflaient, mais personne ne s’en aperçut vu que tout le monde avait l’esprit aux noces qui venaient d’avoir lieu. Le navire tanguait de plus en plus, le vent hurlait dans les voiles, et soudain le mât se brisa, les vagues s’abattirent violemment sur le pont, et le vaisseau sombra. Tous les anthropophages du monde sous-marin purent donc se régaler d’un délicieux festin humain, et enfin goûter le plat « principal* » dont ils avaient été privés par la malheureuse petite sirène.

 

* « prince » et « principal » sont deux mots de la même famille…